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Par Bruyeres33 dans Accueil le 4 Novembre 2010 à 22:46
Samedi 25 septembre 2010 : La gorge de Tatyr et la vallée de Chong Kurchak
Pour moi, le dernier jour du voyage est souvent le plus long en partie parce que l'on n'a plus rien à espérer hormis un long vol vers la France. Cette fois-ci n'échappera pas à la règle même si ma journée sera pas mal remplie.
Ce matin, je me lève vers 7h pour pouvoir visiter tranquillement la capitale avant que Victor ne vienne me récupérer en milieu de matinée. Je débute mon parcours par la place de la Victoire, une vaste esplanade au centre de laquelle trônent une yourte et quelques statues en mémoire de la fin de la 2nde Guerre Mondiale. Sur un des bords de la place, du côté ouest, se trouve le cirque qui propose essentiellement un spectacle d'acrobates, clowns, gymnastes et autres contorsionnistes.
Je m'enfonce ensuite dans les quartiers populaires du sud-est de la place en direction de la mosquée principale de la ville. On est loin du faste des édifices d'Ouzbékistan ...
Par l'avenue Chuy, je retourne à la place Ala Too fréquentée hier soir. C'est ici que se trouve le coeur de la ville. D'un côté, fontaines, jardins et arcades. De l'autre, le musée Historique caché par la statue d'Erkindik, monument célébrant la liberté du peuple kirghize.
En contournant ce musée par la droite, vous passez devant une statue anthropomorphique semblable à celles aperçues à Burana il y a 36h. J'aboutis ensuite à la Vieille Place au centre de laquelle a trouvé refuge une immense statue de Lénine qui occupait autrefois la place principale.
L'homme conserve une bonne popularité dans cette république qui ne souhaite pas effacer toute trace de son passé communiste. Lui faisant face : le Parlement et sa façade à colonnes.
En revenant sur l'avenue Chuy et en continuant de la longer vers l'ouest, je passe devant l'imposante Maison Blanche, nouveau palais présidentiel depuis l'indépendance du pays.
J'aboutis enfin à la Place de la Ville, l'esplanade "montante" qui attire de plus en plus les foules. Elle comprend également une fontaine mais aussi un espace vert agréable devant le Philharmonium, à proximité directe de la principale université du pays et de l'université internationale. Devant le bâtiment culturel est élevée la statue de Manas, le héros national. Il chevauche un cheval et terrasse un dragon à la manière de St Georges.
Le milieu de matinée approchant, je tourne à droite et emprunte la nouvelle artère piétonne destinée aux étudiants puis rejoins l'église orthodoxe à proximité immédiate d'Ultimate. Ses nombreux bulbes de différentes dimensions et son clocher en font pour moi le plus bel édifice de la ville.
A l'auberge, Victor me récupère à 10h tapantes. Il m'amène aujourd'hui au village de Tatyr. La route pour y aller est la même qu'hier sur les vingt premiers kilomètres. Dans un village, nous prenons sur la droite, traversons la rivière Alameddin et, au bout de quelques centaines de mètres, nous engageons sur une piste montagneuse. Victor me dépose à proximité du cimetière et de deux fermes.
Je m'élance dès le départ vers les reliefs, préférant couper par les sommets arrondis que suivre la piste caillouteuse. Je prends peu à peu de la hauteur et surplombe une gorge au creux de laquelle s'écoule un torrent.
De temps à autre, mes pas croisent ceux de cavaliers accompagnés de leurs chiens et se dirigeant vers les pâturages où paissent leurs troupeaux. A la sortie des gorges, je laisse également en contrebas quelques bergeries. Au sommet du col, je traverse la piste et bascule dans une autre vallée beaucoup plus semblable à celles que l'on rencontre dans les montagnes européennes : la vallée de Chong Kurchak. Celle-ci est largement ouverte et ponctuée çà et là d'habitations ou de bergeries. Des falaises rouges propices à l'escalade et quelques forêts agrémentent le paysage. En arrière-plan des sommets enneigés et surtout des cumulonimbus pas très engageants. Je me pose une demi-heure pour déjeuner dans ce cadre après 2h de marche.
Les premières gouttes venant s'écraser sur le sol, j'entame la descente d'abord à marche forcée puis en courant. Les derniers pas se feront juste à temps pour éviter le gros de l'orage. L'après-midi n'est ainsi pas trop entamée au moment de retourner sur Bichkek.
Avec la vallée, nous retrouvons le soleil. Victor me dépose à Ultimate où je retrouve Ismail une dernière fois. Nous parlons à nouveau du Kirghizistan et de son grand projet pour 2012 : organiser une conférence sur le nomadisme en faisant venir des personnes de tous les horizons (Touaregs, Indiens d'Amérique, Inuits, Mongols ...). Le voyage vaudra certainement le coup avec une telle affiche si elle se confirme !
Je repars sur la fin d'après-midi pour une promenade en ville. Etant donné que nous avons parcouru un peu rapidement le Osh bazar il y a deux jours, je décide d'y retourner à pied pour le découvrir plus longuement. Je profite également de la présence de produits frais pour me constituer le pique-nique de ce soir.
Avec la tombée de la nuit, je retourne vers le centre-ville où une fête avec concert est organisée par l'un des partis, puis je regagne une dernière fois l'auberge. J'y retrouve encore Moxat qui est de garde. Grâce à lui le temps d'attente passe plus vite. Et à 22h, Victor me récupère pour me déposer à l'aéroport à 35 kilomètres de là.
Le voyage se termine là-bas sur une dernière impression plutôt malencontreuse pour un pays aussi accueillant : un petit fonctionnaire malveillant et corrompu, certainement en manque de bakchich, profite que je sois seul pour m'interdire l'accès à l'enregistrement. Le motif est futile : pourquoi ai-je un visa ouzbek (l'ennemi avec qui il y a eu des troubles en début d'année) et pourquoi suis-je seul ? La situation reste bloquée un bon moment avec plusieurs fouilles de mes bagages jusqu'à ce que je trouve enfin un guide parlant anglais et russe. Rien de tel pour vous réveiller pour de bon à 3h du matin !
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Par Bruyeres33 dans Accueil le 4 Novembre 2010 à 22:45
13 jours ne peuvent suffire à bien connaître un pays mais ils m'ont au moins permis d'apprécier pleinement une de ses principales facettes : le nomadisme. En Mongolie, j'avais découvert ce mode de vie si rude et pourtant si séduisant. Au Kirghizistan, mon intérêt ne s'est pas démenti et en ressort grandi. A quand la prochaine rencontre ? Et surtout où ? Pour le savoir, il ne me reste plus qu'à attendre le prochain appel de la nature qui guidera une nouvelle fois mes pas vers de surprenants horizons.
Ce séjour aura en quelques sortes été un don : don d'humanité, de chaleur humaine et d'hospitalité de la part d'un peuple et d'une agence désireux de nous faire partager leur quotidien. Les rencontres avec la famille semi-nomade des gorges de Karakache, avec Tolkoun la jeune fromagère et son père Jooker, avec Nourgul la voix du Kirghizistan et son mari Talent, avec le futur trio olympique emmené par Sesim ou avec Erkin resteront autant d'excellents moments qui se trouvent désormais derrière moi mais que j'emporte malgré tout dans ma mémoire et dans mon coeur. Et que rajouter au bonheur d'avoir partagé ces instants merveilleux avec un trio de choc : Azamat, Lena et Youri; sans cesse aux petits soins pour nous et donnant sans compter de leur personne ("on se fait un petit Uno, Azamat ? Et attention si tu gagnes !") ?
Enfin, je suis ravi d'avoir pu vivre cette expérience en compagnie de personnes aussi extraordinaires que G. et JC, assoiffés de liberté et infatigables globe-trotters. Que de bons moments partagés ensemble à s'acharner sur le Seigneur du Uno, à rire, à découvrir de somptueux paysages ou des gens merveilleux ... ! J'espère sincèrement avoir l'opportunité de vous recroiser prochainement dans nos contrées respectives et un jour à peine plus lointain dans un tournoi de Uno, une mission à bord de Spoutnik ou plus simplement sur les chemins du monde.
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